Saint au boulot?

Un article du blog « Padre blog »

 

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Pour beaucoup, ces jours-ci annoncent une reprise des cours, le début d’un nouveau boulot, un départ en stage … Trois cas possibles se présentent souvent :

– soit ces études ou ce boulot ne nous plaisent pas ou nous semblent très ordinaires. Nous avons du mal à y trouver un sens qui puisse nous motiver. Nous nous y mettons « parce qu’il le faut bien », un peu à contre cœur, avec l’impression de subir. Nous avons l’impression que tout cela n’a pas de valeur. Nous sommes tentés de fuir cette corvée dans de multiples compensations qui se révèlent au final souvent décevantes.

– soit ce travail nous enthousiasme et nous nous y consacrons à fond, au détriment du reste. Seul compte notre réussite. Nous nous y investissons de façon exclusive et plus rien d’autre ne compte à nos yeux. Alors, pour Dieu, « nous n’avons pas le temps ».

– soit, et c’est le cas le plus courant, nous vivons un peu les deux situations, de façon alternée ou mélangée. Nous passons alors de phases d’enthousiasme à des phases de grande paresse ou de découragement.

C’est sans doute une bonne occasion de redécouvrir cette affirmation de Saint Josemaria : «  tu veux être un saint ? Fais ce que tu dois, et sois à ce que tu fais ! ». Il y a là une grande vérité qui va pouvoir éclairer notre rentrée !

Saint Josemaria nous fait découvrir que c’est notre fidélité à nous appliquer à ce que Dieu attend de nous dans l’instant présent qui touche son cœur et le réjouit. Ainsi, toute activité, même la plus banale ou la plus ordinaire, peut trouver du sens et de la valeur aux yeux de Dieu, si elle est accomplie de tout cœur.

Je ne plais pas à Dieu seulement quand je suis à l’église ou dans ma prière. Je fais la joie de Dieu quand je me donne dans ce que je fais. Tout ce qui est vécu à contre-cœur est perdu : je subis, je le fais souvent mal et la joie n’est pas au rendez-vous. Tout ce qui est vécu à moitié est décevant.

Mais l’inverse est aussi vrai : à chaque fois que je parviens à me donner pleinement à ce que je dois faire, à chaque fois que j’ai fait de mon mieux, je retire une joie et une paix intérieure. Je sais que Dieu est heureux et que j’ai accompli ce qu’Il attendait de moi.

Voilà du coup une belle résolution à exercer tout au long de l’année : « être là où Dieu m’attend ». Bureau, faculté, école, maison, terrain de sport, église … il s’agit d’y être vraiment, pleinement donné à ce que j’ai à y faire.

« Qu’est ce que Dieu attend de moi dans l’heure qui vient ? ». Se poser cette question, et y répondre avec honnêteté, c’est prendre l’assurance de ne pas se tromper. Travail, détente, temps entre amis, services, engagements, prière, sport … finalement, qu’importe ! L’essentiel est de me donner dans ce que Dieu attend de moi à l’heure qui vient.

Nous comprenons ainsi que nous ne serons pas saints malgré ces moments ordinaires ou parfois pénibles. Nous ne serons pas saints sans, ou à côté de, ces temps d’études et de travail, souvent moins exaltants que d’autres engagements. Nous serons saints au cœur même de ce travail, à travers notre façon de vivre les moments ordinaires, en y mettant notre cœur. Voilà comment unifier notre vie : c’est un même amour qui nous fait prier, travailler, nous détendre, servir … C’est aussi ce qui va donner du sens et sa vraie valeur à notre vie : «tout ce que l’on fait par amour prend de la beauté, de la grandeur» rajoute Saint Josemaria.

Voilà enfin ce qui va nous aider à travailler sans paresse. Au delà de l’intérêt de ce devoir, ou du contenu de ces cours, je sais que ma joie et celle de Dieu seront au rendez-vous si j’ai vraiment fait de mon mieux. Je peux offrir mes pauvres efforts – il suffit de quelques secondes de prière silencieuse – et permettre que mon boulot, la révision d’un examen ou la relecture de ce cours, prennent tout d’un coup autant de valeur que l’office d’un moine ou la journée d’une consacrée !

Une dernière chose. Puisque ce que nous faisons à notre table de travail a de la valeur pour Dieu et l’intéresse, pourquoi ne pas l’offrir pour telle ou telle intention, comme nous le faisons avec une dizaine de notre chapelet par exemple ? Ce que je dois faire, et ce que j’essaye de bien faire : cette heure de révision, ce cours à recopier, cet appel d’offre à rédiger … se transforme ainsi en prière pour tel ami malade, tel collègue qui ne connaît pas Dieu, telle intention du Saint-Père, telle vocation … C’est motivant de savoir qu’on reste courageusement à sa table de travail pour qu’un autre tienne bon, retrouve l’espérance ou découvre Dieu. On peut devenir saint et même apôtre depuis son bureau ! Au fond, on n’a pas fini de s’étonner de ce que Dieu peut faire à travers un simple devoir de maths à réviser !

Bonne rentrée et bon courage à tous !

À PROPOS DE L’ABBÉ GROSJEAN

36 ans. Diocèse de Versailles. Ordonné prêtre en 2004. Curé de la Paroisse de Saint-Cyr-l’École. Responsable des questions politiques, de bioéthique et d’éthique économique pour le diocèse de Versailles

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