[Formation] La Règle de Saint Augustin « Que Dieu soit aimé et le prochain » 27 janvier 2024

Samedi 27 janvier 2024 9h30-16h

La Règle de Saint Augustin « Que Dieu soit aimé et le prochain »
Actualisation pour nos familles et colocations chrétiennes.

En peu de mots : Vivre la concorde, la prière, la sobriété, le regard, les biens, les soins, les conflits, l’autorité, tout avec amour et librement dans la grâce du Christ.

Animé par le frère François-Xavier, coopérateur sur Neudorf avec les frères Fabrice et Christian.

Inscriptions pour le repas. PAF. Vous pouvez venir la matin, à la messe ou au repas.
aastbg@gmail.com, au foyer saint Aloyse 10 rue Sainte Agnès à Strasbourg quartier de Neudorf.

Programme :
9h30 Accueil
9h45 Saint Augustin par fr. Christian
10h Vue d’ensemble de la Règle par fr. François-Xavier
11h Ateliers d’actualisation avec la Parole de Dieu
11h45 Messe par p. Fabrice
12h30 Repas simple
14h Ateliers suite
15h Retour Échange
15h30 Conclusion
16h Au revoir

LA REGLE DE SAINT AUGUSTIN

Avec des renvois bibliques

Table des matières

LA REGLE DE SAINT AUGUSTIN.. 1

Préface. 2

Première partie « But et esprit ». 2

CHAPITRE 1 :« Concorde et pauvreté ». 2

a.      La Concorde. 2

b.      La communauté des biens. 2

c.      La répartition des biens. 2

d.      Le détachement à l’entrée au monastère. 2

e.      L’esprit de détachement 3

f.       Honorez Dieu dans ses temples. 3

Deuxième partie « Les préceptes ». 4

CHAPITRE 2 :  « La prière commune ». 4

a.      Quand ?. 4

b.      Où ?. 4

c.      Comment ?. 4

d.      Quoi ?. 4

CHAPITRE 3 : « La sobriété et nourriture ». 4

a.      L’esprit des repas. 4

b.      Régimes spéciaux : les fragiles, les raffinés, les malades. 5

CHAPITRE 4 : « Le regard ». 6

a.      Mon image. 6

b.      Mes déplacements. 6

c.      Mon regard. 6

d.      Être vu. 7

CHAPITRE 4 « Gardien de ton frère » (suite) 8

a.      Découvrir et écarter 8

b.      Dénoncer : avec lui, le supérieur, les autres. 8

c.      Prouver 9

d.      Punir 9

e.      Esprit de la correction. 9

f.       Aveux. 9

CHAPITRE 5 : « L’usage des biens passagers ». 10

a.      Une seule source. 10

b.      Murmure et jalousie. 10

c.      La règle d’or 10

d.      Les dons. 11

e.      La propreté extérieure. 11

f.       La santé. 11

g.      Services communautaires. 11

CHAPITRE 6 :  « Les conflits et le pardon ». 12

a.      Résoudre rapidement le conflit 12

b.      Excuses et pardons. 12

c.      Le colérique et le rancunier 12

d.      Un cas particulier : paroles dures du formateur 12

Troisième partie « Moyens pour être fidèle à Dieu ». 13

CHAPITRE 7 : « Obéissance et vigilance ». 13

a.      Obéissance à l’autorité. 13

b.      Vigilance des supérieurs. 13

CHAPITRE 8 : « La grâce et la mémoire ». 14

c.      Accueil de la grâce du Christ 14

d.      Méditation fréquente de la Règle. 14

Notes et références bibliques pour la Règle d’Augustin.. 15

Voici une version de la règle avec des renvois bibliques issu des écrits de d’Augustin d’après le travail d’Athanase Sage a.a.. En vue de mettre en pratique la Parole de Dieu en méditant la règle de Saint Augustin à la lumière des Saintes Ecritures pour la croissance des disciples du Christ. Découpage en chapitre selon l’usage et plan en trois parties selon A. Sage

Préface

« Avant toutes choses, mes très chers Frères,

que Dieu soit aimé et le prochain,

car ce sont là les principaux commandements

qui nous ont été donnés. »

Première partie « But et esprit »

CHAPITRE 1 :« Concorde et pauvreté »[1]

  1. Voici ce que nous vous prescrivons d’observer dans le monastère.[2]

a.     La Concorde[3]

Avant tout[4], vivez unanimes à la maison[5],

ayant une seule âme et un seul cœur[6] tournés vers Dieu.

N’est-ce pas la raison même de votre rassemblement ?

b.     La communauté des biens

Et puis, qu’on n’entende pas parler parmi vous de biens personnels,

mais qu’au contraire tout vous soit commun[7].

c.     La répartition des biens

Votre frère prieur[8] doit distribuer à chacun de vous de quoi se nourrir et se couvrir[9], non pas selon un principe égalitaire, puisque vos santés sont inégales, mais plutôt à chacun selon ses besoins[10].

Vous lisez, en effet, dans les Actes des Apôtres : « Ils avaient tout en commun » (Ac 4,32), et : « On accordait à chacun en proportion de ses besoins personnels » (Ac 4,35).

d.     Le détachement à l’entrée au monastère

Que ceux qui possédaient quelque bien dans le siècle acceptent de grand cœur que ce soit chose commune, dès leur entrée au monastère.

Quant à ceux qui s’y trouvaient dépourvus de biens, qu’ils n’aillent pas chercher au monastère ce qu’ils n’ont pu posséder à l’extérieur.

Mais qu’on ne manque pas d’accorder à leur faiblesse les soulagements qui s’imposent même si leur indigence s’étendait au strict nécessaire[11] à l’époque où ils se trouvaient au-dehors.

e.     L’esprit de détachement

Que tout leur bonheur ne soit pas, cependant, d’avoir trouvé vivre et couvert tels qu’au-dehors ils n’auraient pu se les procurer.

Qu’ils ne relèvent pas non plus la tête parce qu’ils partagent la vie de certains hommes dont ils n’osaient pas s’approcher au-dehors.

Qu’ils élèvent plutôt leur cœur, et ne poursuivent pas les choses vaines de la terre[12].

Qu’il n’arrive pas aux monastères de profiter aux riches plus qu’aux pauvres, si les riches y devenaient humbles et les pauvres, orgueilleux !

7 Mais d’autre part, que ceux-là qui jouissaient d’une certaine considération dans le siècle ne dédaignent pas ceux de leurs frères qui se sont joints à la même sainte assemblée à partir d’un état de pauvreté.

Qu’ils s’appliquent, au contraire, à tirer gloire, non du lustre d’une famille fortunée, mais de la compagnie de frères qui ont vécu dans la pauvreté.

Qu’ils ne se vantent pas d’avoir apporté une part de leurs biens pour faire vivre la communauté. S’ils ont fait don de leurs richesses au monastère, ce n’est pas pour en tirer un orgueil plus grand que celui qu’aurait pu leur inspirer la jouissance de ces biens dans le siècle.

Les autres défauts, en effet, s’exercent dans les œuvres mauvaises pour faire qu’elles s’accomplissent, mais l’orgueil, lui, menace même les bonnes œuvres pour faire qu’elles dépérissent.

Quel avantage y a-t-il à faire des prodigalités envers les pauvres, et à devenir pauvre soi-même, si la pauvre âme devient plus orgueilleuse en méprisant les richesses qu’elle ne l’était en les possédant ? [13]

f.      Honorez Dieu dans ses temples

Vivez donc tous dans l’unité des cœurs et des âmes,

et honorez les uns dans les autres ce Dieu dont vous êtes devenus les temples[14].

Deuxième partie « Les préceptes »

CHAPITRE 2 :  « La prière commune »[15]

a.      Quand ?

2.1 Soyez assidus à prier[16] aux heures et temps établis[17].

b.     Où ?

Dans l’oratoire, faites uniquement ce à quoi il est destiné et d’où il tire son nom.

De la sorte, si quelques-uns ont le temps et le désir de prier même en dehors des heures prescrites, ils ne seront pas gênés par quelqu’un qui penserait devoir y faire autre chose.

c.     Comment ?

Lorsque vous priez Dieu par des psaumes[18] et des cantiques de louange que vive dans votre cœur ce qui est formulé par vos lèvres.

d.     Quoi ?

Et il ne faut chanter[19] que le texte destiné au chant.

Mais ce qui ne se trouve pas écrit pour être chanté ne doit pas être chanté[20].

CHAPITRE 3 : « La sobriété et nourriture »

a.      L’esprit des repas

3.1 Subjuguez votre chair[21] en jeûnant[22] et en vous abstenant de nourriture et de boisson dans la mesure où votre santé le permet[23].

Il est possible que quelqu’un ne puisse pas rester à jeun jusqu’au soir : qu’il mange alors quelque chose, mais, excepté s’il s’agit d’un malade, qu’il le fasse uniquement vers midi, avec les autres qui se trouveraient dans le même cas.

Du début du repas jusqu’à la fin vous devez écouter la lecture habituelle sans interrompre ni protester[24],

et votre bouche ne doit pas être seule à prendre de la nourriture, mais que vos oreilles aient faim aussi d’écouter la parole de Dieu[25].

b.     Régimes spéciaux : les fragiles, les raffinés, les malades.

Il en est peut-être de santé fragile par suite de leur ancienne condition de vie ;

si on leur accorde un régime alimentaire spécial,

il ne faut pas que cela apparaisse gênant ni injuste aux autres, rendus plus vigoureux par un autre train de vie.

Et ceux-ci ne doivent pas estimer les autres plus heureux qu’eux-mêmes, en raison d’un traitement meilleur ; qu’ils se félicitent plutôt eux-mêmes en raison de leur plus grande vigueur.

Ceux qui sont venus au monastère après une vie plus raffinée, reçoivent peut-être en fait d’aliments, de vêtements, de literie et de couverture, des choses qu’on n’accorde pas aux frères plus vigoureux et par conséquent plus heureux.

Ces derniers doivent alors remarquer à l’égard de leurs frères quelle distance sépare leur condition actuelle dans le monastère de leur ancienne condition dans le siècle, même s’ils n’ont pu parvenir à la frugalité des autres dont la santé est plus robuste.

Il ne faut pas que tous veuillent recevoir ce qu’ils voient accorder à quelques-uns: il ne s’agit pas là de préférence, mais de tolérance.

Ainsi évitera-t-on dans le monastère ce détestable retournement que les riches, de tout leur pouvoir, deviennent généreux là même où les pauvres feraient les délicats.

Quant aux malades, il est vrai qu’ils ont à manger un peu moins pour ne pas être incommodés ; mais après leur maladie, ils doivent être traités d’une façon non moins appropriée pour promptement rétablir leur santé.

Et cela vaut, non moins que pour les autres, pour ceux qui, dans le siècle, vivaient dans la plus grande misère, comme si leur toute récente maladie devait leur obtenir ce dont les riches avaient une très longue habitude.

Mais lorsqu’ils auront recouvré leurs forces, ils doivent revenir à leurs propres habitudes, plus, heureuses : elles conviennent d’autant mieux aux serviteurs de Dieu que ceux-ci doivent se contenter de fort peu.

Et que le caprice ne les retienne pas, une fois revenus en bonne santé, là où la nécessité les avait promus en raison de leur infirmité.

Ceux-là doivent s’estimer plus riches que les autres qui, dans l’endurance des privations, se sont révélés plus forts que les autres. Car mieux vaut peu de besoins que quantité de biens[26].

CHAPITRE 4 : « Le regard »[27]

a.     Mon image

4.1 Ce que vous portez[28] ne doit pas vous faire remarquer,

et ne cherchez pas à plaire par vos vêtements[29],

mais par ce que vous êtes intérieurement.

b.     Mes déplacements

Quand vous sortez, allez ensemble, lorsque vous êtes arrivés, restez ensemble[30].

Que vous marchiez, que vous vous arrêtiez, quels que soient vos mouvements,

ne faites rien qui puisse choquer le regard d’un témoin,

mais que tout soit conforme à votre état, qui est saint[31].

c.     Mon regard

Votre regard[32], bien sûr, peut tomber sur une femme[33], mais qu’il ne s’arrête sur aucune[34].

On ne vous interdit pas, en effet, de voir des femmes sur votre chemin,

mais les convoiter, ou vouloir être convoité d’elles, voilà ce qui est blâmable[35].

Car ce n’est pas seulement le toucher, ni le mouvement du cœur,

mais aussi le regard qui excite ou exprime le désir des femmes.

Et ne prétendez pas avoir le cœur pur, si vous avez les yeux impurs ;

car l’œil impur est le messager d’un cœur impur[36].

Sans échanger la moindre parole,

on peut se communiquer mutuellement des sentiments impurs au travers de regards complices et, par suite de désirs mauvais, trouver satisfaction dans une passion réciproque.

Alors, même si les corps restent intacts de toute atteinte à la pudeur, c’en est fait de la vraie chasteté : celle du cœur.

d.     Être vu 

Celui qui arrête son regard sur une femme[37] et trouve lui-même du plaisir à sentir arrêté sur lui le regard de cette femme, ne doit pas s’imaginer que personne ne le voit quand il a fait cela. Il est certainement remarqué, et même par ceux dont on ne le penserait pas.

Mais soit, admettons que tout reste caché et qu’aucun être humain ne le voie,

quel cas fera-t-il de cet Observateur d’en haut[38] à qui rien ne peut être caché[39] ?

Ou faudrait-il penser qu’il ne voie rien, Celui dont la sagesse sait temporiser en vue du Bien[40] ?

L’homme consacré doit craindre de déplaire à Dieu[41];

qu’il ne pèche donc pas en voulant plaire à une femme.

Qu’il pense : rien n’est caché au regard de Dieu[42] ;

qu’il ne pèche donc pas en arrêtant son regard sur une femme.

Dans ce domaine aussi, nous est inculquée la crainte de Dieu[43] par cette parole :

« Le Seigneur exècre l’œil qui dévisage » (Pv 27,20 dans la LXX).

Par conséquent, lorsque vous êtes réunis à l’église,

ou à un autre endroit où se trouvent également des femmes,

soyez les uns pour les autres les gardiens de la pureté.

De cette façon, Dieu, qui habite en chacun de vous,

vous protègera aussi depuis ses demeures[44], c’est-à-dire par chacun de vous.

CHAPITRE 4 : « Gardien de ton frère »[45] (suite)

 

a.     Découvrir et écarter

4.7 Et si vous avez remarqué chez l’un d’entre vous cette effronterie du regard,

mettez-le immédiatement en garde[46].

Sans avoir le temps de se développer, son mal doit être, dès le début, corrigé[47].

b.     Dénoncer : avec lui, le supérieur, les autres

8 Mais si, même après monition, vous le voyez commettre cette faute de nouveau, serait-ce un autre jour, à partir de ce moment on doit le signaler comme un malade qui a besoin d’un traitement[48]; et ce devoir vous concerne tous sans exception.

Mais, d’abord, il faut attirer sur lui l’attention de deux ou trois autres témoins,

pour qu’il puisse être confondu par le témoignage de deux ou trois[49],

et ramené à son devoir par une sévérité proportionnée.

Et ne pensez pas être malveillants en dénonçant cette faute. Vous n’êtes certainement pas plus innocents, si, capables de corriger vos frères en les signalant, vous les laissez périr en vous taisant[50].

Car si ton frère[51] souffrait, en son corps, d’une plaie qu’il voudrait cacher par crainte d’avoir à subir des soins, ne serait-il pas cruel de ta part de t’en taire et miséricordieux de le divulguer ?

Combien plus grand est donc ton devoir de le dénoncer pour éviter une pourriture plus néfaste : celle du cœur ?[52]

9 Mais avant de le désigner à d’autres frères capables de le convaincre, s’il venait à nier, c’est d’abord au frère prieur qu’il faut le signaler, si, après avertissement, il a négligé de s’amender. Peut-être pourrait-il le reprendre en tête à tête, et éviter ainsi la divulgation parmi les autres[53].

c.     Prouver

Mais s’il nie, il faut employer contre lui, et à son insu, d’autres témoins[54]; dès lors au vu et su de tout le monde, il ne sera plus inculpé par un seul témoin, mais sa culpabilité sera prouvée par deux ou trois.

d.     Punir

Une fois confondu, il doit accepter une peine destinée à le rendre meilleur, conformément à la décision du frère prieur, ou même du prêtre qui a la charge de vous tous.

S’il refuse de s’y soumettre et ne prend pas le parti de quitter la communauté, qu’on l’en expulse[55]. En cela non plus il n’y a cruauté mais bonté :

le souci du grand nombre de ceux qu’il pourrait perdre par une contagion pernicieuse.

e.     Esprit de la correction

10 Ce que je viens de dire à propos des regards qui ne doivent pas s’attacher,

doit être appliqué, soigneusement et fidèlement, aux autres péchés:

il faut les découvrir, les écarter, les dénoncer, les prouver et les punir[56],

tout cela inspiré par l’amour des personnes et la haine des péchés[57].

f.      Aveux

11 Quelqu’un parmi vous en est-il venu au point de recevoir en secret de la part d’une femme des lettres ou n’importe quel petit présent ?

S’il l’avoue de lui-même, il ne faut pas sévir contre lui[58], mais prier pour lui[59].

Mais s’il est surpris et sa culpabilité prouvée, il doit être corrigé avec la rigueur qui convient, conformément à la décision du prêtre ou celle du frère prieur.

CHAPITRE 5 : « L’usage des biens passagers »[60]

a.     Une seule source

5.1 Mettez vos vêtements dans une seule garde-robe, en les confiant à la diligence d’une ou deux personnes, ou d’autant qu’il en faudra pour les secouer afin de les tenir à l’abri des mites.

Comme on tire votre nourriture d’un même office,

ainsi faut-il que vos vêtements soient tirés d’un même vestiaire[61].

Si cela est possible, ne vous occupez pas de ce que l’on en sort pour vous habiller selon les saisons[62]. Que vous importe que chacun reçoive ce qu’il avait déposé au vestiaire lui-même, ou quelque chose de différent qui aurait été porté par un autre ?

Pourvu toutefois qu’on ne refuse à personne ce dont il a besoin[63].

b.     Murmure et jalousie

Des conflits et des murmures s’élèvent peut-être parmi vous à ce propos[64].

Supposons que quelqu’un se plaigne d’avoir reçu quelque chose de qualité inférieure à ce qu’il avait eu d’abord, et qu’il trouve indigne de soi de porter des effets qui auraient été portés par un autre auparavant.

Jugez alors par-là de tout ce qui vous manque au-dedans, pour ce qui touche aux saintes habitudes de votre cœur, vous qui vous querellez à propos de l’habillement de votre corps. Si cependant on tolère votre infirmité au point de vous rendre ce que vous avez déposé, mettez pourtant à un seul endroit, en le confiant aux soins de quelques gardes communes, ce que vous déposez.

c.     La règle d’or

En un mot :

que nul d’entre vous ne fasse quoi que ce soit pour son profit personnel[65],

mais que tous vos travaux soient accomplis pour l’utilité commune;

et cela avec un zèle plus grand et un élan plus assidu que si chacun de vous s’occupait de ses propres affaires, et dans son intérêt propre.

On dit, en effet, de la charité : « Elle ne recherche pas ses propres intérêts » (1 Co 13,5).

Cela veut dire qu’elle fait passer les intérêts communs avant les intérêts personnels,

et non pas les intérêts personnels avant les intérêts communs.

Et pour cette raison, vous aurez la certitude d’avoir fait d’autant plus de progrès que vous aurez apporté plus de soin au bien commun qu’à vos intérêts personnels.

Qu’ainsi l’usage indispensable de tous les biens passagers

soit dominé par la charité qui demeure toute l’éternité[66].

d.     Les dons

Par conséquent, même si c’était à ses propres fils présents au monastère, ou à d’autres avec qui l’on aurait un lien étroit, que l’on veuille apporter quelque chose – simple vêtement ou tout autre objet réputé nécessaire – ce don ne doit pas être accepté en secret. Il faut plutôt le mettre à la disposition du frère prieur, afin qu’il l’affecte au bien commun et le donne à celui qui en aura besoin.

e.     La propreté extérieure

Lavez vous-mêmes vos vêtements, ou portez-les à laver aux foulons. Cela doit se faire conformément aux dispositions prises par le frère prieur, pour éviter que vous salissiez vos âmes par un désir exagéré d’un extérieur propre.

f.      La santé

Quant aux bains publics :

si la santé d’un frère exige qu’il y aille, il ne doit pas s’y soustraire,

mais qu’il le fasse, sans protestations, sur ordonnance médicale.

Même contre son gré il doit donc accomplir, sur l’ordre du frère prieur,

ce qui est nécessaire pour sa santé.

S’il le souhaite, au contraire, sans que peut-être cela soit utile,

il ne faut pas qu’il cède à son désir futile.

Parfois, en effet, même si ce n’est bon à rien, on croit que ce qui est agréable fera du bien.

Bref, si un serviteur de Dieu éprouve quelque douleur cachée dans son corps

et révèle le mal dont il souffre, on doit le croire sur parole.

Toutefois, si on n’est pas certain que ce qui lui plaît soit efficace pour guérir la douleur, il faut consulter un docteur[67].

Qu’on n’aille pas aux bains publics ou en quelque lieu où il est nécessaire d’aller, à moins de deux ou trois. Celui qui a besoin de faire une démarche ne doit pas sortir avec les frères qu’il aura choisis lui-même, mais avec ceux qui auront été désignés par le frère prieur.

g.     Services communautaires[68]

Le soin des malades, des convalescents ou de ceux qui, même sans fièvre, peinent dans un état de faiblesse, doit être confié à quelqu’un d’entre les frères. C’est à lui de prendre à l’office ce qu’il juge nécessaire pour les uns et les autres.

Ceux qui sont chargés,

soit de l’office, soit des vêtements, soit des livres,

doivent servir leurs frères sans murmures[69].

10 Quant aux livres,

qu’on les demande chaque jour à une heure fixée.

On ne doit pas les donner à qui les demande en dehors de l’heure.

11 Par contre, en ce qui concerne

les vêtements et les chaussures :

ceux qui en ont la garde ne doivent pas faire attendre les frères qui en manifestent le besoin.

CHAPITRE 6 :  « Les conflits et le pardon »[70]

a.     Résoudre rapidement le conflit

6.1 N’ayez pas de disputes, ou,

du moins, venez-en à bout le plus tôt possible.

Sinon, la colère pourrait se développer en haine[71],

de paille devenir poutre[72]

et rendre l’âme meurtrière.

Vous lisez, en effet : « Celui qui hait son frère est un meurtrier » (1 Jn 3,15)[73].

b.     Excuses et pardons

Quiconque a porté préjudice à son frère,

par des injures, des médisances ou une accusation grave[74],

n’oubliera pas de remédier au mal qu’il a causé en présentant sans tarder ses excuses[75].

Quant à celui qui a été lésé, qu’il pardonne sans discuter[76].

S’ils se sont porté un préjudice mutuel,

ils doivent mutuellement se pardonner leurs offenses[77]

qu’ils se rappellent cette prière que vous répétez trop fréquemment pour n’avoir pas raison de la dire très purement. [78]

c.     Le colérique et le rancunier

L’un se laisse souvent aller à la colère,

mais se hâte d’implorer le pardon de celui qu’il reconnaît avoir offensé;

il est préférable à tel autre qui est plus lent à la colère,

mais se décide difficilement à demander pardon.

Mais celui qui prétend ne le faire jamais, ou ne le fait pas du fond du cœur, n’est pas à sa place dans un monastère, même s’il n’en est pas expulsé.

Soyez donc avares de paroles dures[79].

Et si votre bouche en a proféré,

n’ayez pas honte d’apporter le remède par la même bouche d’où est venue la blessure.

d.     Un cas particulier : avec formateur

Les exigences de la discipline pourraient forcer l’un d’entre vous à dire des paroles dures pour faire rentrer les plus jeunes dans leur devoir[80].

Dans ce cas, on n’exige de personne qu’il leur demande pardon, même si on pense avoir dépassé la mesure. Leur devoir est d’être soumis. Ne brisez donc pas, par un excès d’humilité, l’influence où ils pourraient trouver direction.

Mais il reste qu’il faut demander pardon à celui qui est le Seigneur de tous, et qui sait la bienveillance dont vous entourez ceux-là mêmes que vous corrigez peut-être avec trop de rigueur.

Toutefois, l’amour entre vous ne doit pas être de cette terre, mais venir du Saint Esprit.

Troisième partie « Moyens pour être fidèle à Dieu »

CHAPITRE 7 : « Obéissance et vigilance »[81]

a.     Obéissance à l’autorité

7.1 Qu’on obéisse au frère prieur comme à un père[82],

toujours avec le respect qui est dû à sa charge,

pour ne pas offenser Dieu en lui.

Cela vaut encore davantage en ce qui concerne le prêtre qui s’occupe de vous tous.

b.     Vigilance des supérieurs

Il appartient en premier lieu au frère prieur

de veiller à la pratique de ces préceptes,

de ne rien laisser enfreindre par négligence, mais

de redresser et de corriger ce qui n’aurait pas été observé[83].

Il reste entendu qu’il en réfère au prêtre, dont parmi vous l’autorité dépasse la sienne, pour les matières qui excéderaient ses moyens et ses forces.

Que votre frère prieur ne place pas son bonheur

dans l’asservissement des autres sous son autorité[84],

mais dans les services qu’il leur rend par charité[85].

Par l’honneur devant vous qu’il soit à votre tête ;

par la crainte devant Dieu, qu’il se tienne à vos pieds[86].

Qu’il soit pour tous un modèle[87] de bonnes œuvres[88],

              s’appliquant à corriger les instables,

              à ranimer ceux qui manquent de courage,

              à soulever les faibles et

              à exercer la patience envers tous[89].

Qu’il observe ces règles de bon cœur,

qu’il en impose le respect.

Et, quoique les deux soient nécessaires,

il cherchera à gagner votre affection[90]

plutôt qu’à susciter votre crainte,

toujours pensant au compte qu’il devra rendre de vous à Dieu.

C’est pourquoi, en obéissant mieux,

vous ne faites pas seulement preuve de compassion envers vous-mêmes[91],

mais aussi envers lui: il se trouve parmi vous, en effet, à une place d’autant plus dangereuse qu’elle est plus élevée[92].

CHAPITRE 8 : « La grâce et la mémoire »

c.     Accueil de la grâce du Christ

8.1 Que le Seigneur vous accorde la grâce

d’observer tous ces préceptes avec amour,

comme des amants de la beauté spirituelle[93],

répandant par votre vie la bonne odeur du Christ[94] ;

non pas servilement, comme si nous étions encore sous la loi,

mais librement, puisque nous sommes établis dans la grâce[95].

d.     Méditation fréquente de la Règle

Pour que vous puissiez vous voir

comme dans un miroir[96] dans cet opuscule,

et ne rien négliger par oubli, on vous en fera la lecture une fois par semaine.

Et si vous trouvez que vous observez ce qui s’y trouve écrit,

remerciez le Seigneur[97], dispensateur de tout bien.

Mais lorsque l’un d’entre vous constatera qu’il est en défaut sur quelque point,

qu’il regrette le passé et se tienne sur ses gardes pour l’avenir,

priant pour que la faute lui soit pardonnée et qu’il ne soit pas induit en tentation[98].

La traduction provient de Luc Verheijen, La Règle de saint Augustin, Paris, Institut d’Etudes Augustiniennes, 1967 ;

Des références bibliques proviennent du livre de sr. Marie-Ancilla, La Règle de saint Augustin, Paris, Cerf, 1996

Une bonne partie des références viennent d’Augustin dans Athanase Sage a.a., La règle de Saint Augustin commenté par ses écrits, La vie Augustinienne, 1961

Le choix et l’ajout de certaines, les titres par le frère François-Xavier Duthoit, 2024.

Notes et références bibliques pour la Règle d’Augustin

Pour relier la règle à son origine dans l’Ecriture Sainte. A méditer une bible en main. Plan proposé par A. Sage.


[1] « Rassemblés en une vie commune, ils offrent à Dieu, dispensateur de tout bien, dans l’absolue détachement des vanités de la terre, une vie de parfaite concorde et de parfaite contemplation. » Saint Augustin, Sages p. 85

CHAPITRE PREMIER L’IDÉAL APOSTOLIQUE DE LA CONCORDE

1. Concorde et vie commune

2. La communauté des biens

3. La répartition des biens

4. Le détachement à l’entrée au monastère

5. L’esprit de détachement

[2] Augustin parle comme évêque et législateur pour ses trois monastères de la ville d’Hippone, le monastère des moines, des moniales, et des clercs.  Sage p. 76

[3] Ps 132 : « Comme il est bon et agréable pour des frères d’habiter ensemble »

[4] Ante omnia

[5]  Ps 67,7 Vulgate : Dieu fait habiter dans la maison ceux qui sont unanimes. (Deus qui facit unanimes habitare in domo)

[6]  Ac 2,42-46 : Ils étaient assidus aux prédications des Apôtres, aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières… 4,32-34 : La multitude des croyants n’avait qu’un seul cœur et qu’une seule âme.

[7] Mt 19, 21 : Si tu veux être parfait, va, vends tous tes biens en faveur des pauvres et suis-moi.

[8]  Mt 6, 25 : Votre Père céleste les [oiseaux du ciel] nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ?  Mt 15, 8 : Etes-vous sans encore intelligence, et ne vous rappelez-vous pas les cinq pains distribués… et combien de paniers vous avez rapportés ? Sage p. 106

[9]  1 Tm 6,8 : Lors donc que nous avons nourriture et vêtement, sachons être satisfaits.

[10] « Que tout ce dont on use, en cette vie, nous suggère l’hôtellerie de passage… User de ces biens selon vos nécessités, n’y attacher pas votre cœur ! Restaurez-vous et passez ! » Augustin Sermones 14- 38 dans Sage p. 103 User sans en jouir

[11]  Pr 30, 8-9 : Eloigne moi mensonge et fausseté, ne me donne ni pauvreté, ni richesse, accorde-moi seulement ma part de pain. Car, dans l’abondance, je pourrais te renier en disant : « Le Seigneur, qui est-ce ? » Ou alors, la misère ferait de moi un voleur, et je profanerai le nom de mon Dieu !

[12]  Col 3,2 : Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre.

[13]  1 Co 13,3 : Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

[14]  1 Co 3,17 : Car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous.  Ps 83 : De quel amour j’aime ta demeure Seigneur Dieu de l’Univers

[15]« Un seul corps, une seule bouche, une seule voix ! Mortification de toute discordance ! Sainte symphonie, pleinement accordée de la prière ! » Saint Augustin, Sage p. 127

CHAPITRE II LA DISCIPLINE DES PRIÈRES ET DES JEUNES

1. Les prières

2. Les jeûnes

3. Les inégalités de traitement

 Mc 9, 29 var.: Jésus leur répondit : Cette sorte de démon ne peut se chasser que par la prière et par le jeûne.  Anne, fille de Phanuel Lc 2, 37 « Nuit et jour dans le jeûne et la prière »

[16]  Col 4,2 : Soyez assidus à la prière.  Mt 21, 13 : Ma maison, dit le Seigneur est une maison de prière.  Jn 15, 5 : Sans moi vous ne pouvez rien faire.  Ps 102, 10 :

[17]  Sap. 18, 23 : Avant la prière, prépare-toi et ne sois pas comme un homme qui tente Dieu

[18] L 130, 19 Augustin découvrant les psaumes « ces cantiques de foi, ces chants de piété, si propres à rabattre l’esprit d’orgueil » Sage p. 136

[19] Col 3, 16 : Que la parole de Christ habite en vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. »

[20] Jn 12, 49 : Jésus sur l’obéissance aux paroles reçu du Père : Car moi, ce n’est pas de moi-même que j’ai parlé, mais c’est Celui qui m’a envoyé, le Père, qui m’a commandé lui-même ce que je devais dire et exprimer ».  Rm 8, 26 : De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières

[21] Lc 5, 34-35 : Les disciples de Jean jeûnent fréquemment et font des prières […] et les tiens mangent et boivent ! […] Viendront des jours… et lorsque l’époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront, en ces jours-là. 
 
Ga 5, 17 : L’homme révolté contre Dieu, la chair rebellée à l’esprit.
 
Ep 5, 29 : Personne ne hait sa propre chair, il la nourrit et en prends soin, comme le Christ le fait pour l’Eglise son épouse »

Sag 9, 15 : Une corp corruptible appesantit l’âme, et cette tente d’argile alourdit l’esprit aux multiples soucis.

 Mt 12, 25 : Nulle maison, divisé contre elle-même, ne saurait se maintenir.
 
Mt 26, 41 : Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation, l’esprit est ardent, mais la chair est faible.

 Les quarante jours de jeûne au désert par Jésus.

[22] Par exemple dans l’attente de l’époux accueilli à l’Eucharistie, fidélité au pratique actuelle de l’Eglise.

[23] 1 Tim 5, 22 : Prends un peu de vin à cause de ton estomac et de tes fréquents malaises.
 « Nescit cupiditas, ubi finitur necessitas, La cupidité ignore où s’arrête la nécessité. » Contra Julianum libri VI.

 1 Tim 4, 4-5 : car toute créature de Dieu est bonne, et rien n’est à proscrire quand on le prend avec action de grâce : la parole de Dieu et la prière le sanctifie

 Proverbe : La santé est le patrimoine du pauvre.

[24] Ecrit sur le mur du réfectoire : « Que celui qui par sa médisance se plait à déchirer la vie des absents, apprenne qu’il n’est pas digne de s’asseoir à cette table. » Victa Sancti Augustini auctore Possidius 22
 Augustin à Julien d’Eclane : « Nous tirons profit d’une lecture, soit pour connaitre quelque chose que nous ignorons, soit pour le rappeler à notre mémoire. » Contra Julianum libri VI 4, 71

[25]  Am 8,11 : Voici venir des jours – oracle de Yahvé – où j’enverrai la faim dans le pays, non pas une faim de pain, non pas une soif d’eau, mais d’entendre la parole de Yahvé.

 Mt 4, 6 : L’homme ne vit pas seulement du pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu

 Ps 9, 6 : Venez, mangez mon pain ; buvez du vin que j’ai préparé.

[26]  Sénèque, Lettre à Lucillus 2,6.

[27] « Vous qui dans la chair vivez déjà d’une vie qui n’est pas de la chair, à la suite de l’Agneau, allez partout où il va, dans la ferveur sans cesse renouvelée de votre vœu, dans la sauvegarde du plus précieux de vos dons. » Saint Augustin, Sage p. 163

CHAPITRE III LA DISCIPLINE DE LA CHASTETÉ

1. La modestie religieuse

2. La correction fraternelle

Mc 12, 25 : Jésus leur déclara : […] Lorsqu’on ressuscite, d’entre les morts, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans les cieux.

[28] Gn 3, 21 : Yhwh Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les [en] revêtit.

[29]  1 P 3, 3-4 : Que votre parure ne soit pas extérieure, faites de cheveux tressés, de cercles d’or et de toilettes bien ajustées, mais à l’intérieur de votre cœur, dans l’incorruptibilité d’une âme douce et calme
 La chevelure chez l’homme et la femme, voir 1 Co 11, 14

[30]  Mc 6, 7 : Il appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Jn 20, 4 : « Tous deux couraient ensemble, mais l’autre disciple courut en avant plus vite que Pierre et vint le premier au tombeau »

[31] Luc 2, 52 Et Jésus avançait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et les hommes cf 1 Sm 2, 26 et Prov 3, 4 dans LXX

[32]  Lc 11, 34 : Lorsque ton œil est sain, ton corps tout entier est aussi dans la lumière ; mais dès qu’il est malade, ton corps aussi est dans les ténèbres.

[33] Dans la version pour les moniales, remplacer femme par homme.

[34] Pacte de Job 31, 1 : J’avais conclu un pacte avec mes yeux, pour ne faire attention à aucune jeune fille.

[35]  Mt 5,28 : Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle.

[36] Mt 15,19 : Du cœur en effet procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations ou Mt 6,22 : La lampe du corps, c’est l’oeil.

[37] David et Bethsabée 2 Sm 11 : « Un soir David […] aperçu du haut de la terrasse une femme qui se baignait ; et la femme était très agréable à voir. »

[38]  Ps 11, 4 : YHWH est dans son Temple saint, YHWH, son trône est dans les cieux ; ses yeux regardent, ses paupières sondent les fils d’homme.  Ps 138 : Où irais-je loin de ton esprit ? Où fuirais-je loin de ta face ?

[39] Prov. 24,12 : Alors qu’il sait, lui qui a façonné ton âme; c’est lui qui rendra à l’homme selon son œuvre.

[40] Sg 11,23 : Mais tu as pitié de tous, parce que tu peux tout, tu fermes les yeux sur les péchés des hommes, pour qu’ils se repentent.
 Rm 2, 4-5 : Méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa tolérance, et de sa patience, ignorant que la bonté de Dieu te pousse au repentir ? Par ta dureté, par ton cœur impénitent, tu amasses contre toi un trésor de colère pour le jour de colère où se révelera le juste jugement de Dieu,

[41]  1 Co 7,32 : L’homme qui n’est pas marié a souci des affaires du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur.

[42]  Lc 8, 17 Jésus et la lampe : Car il n’y a rien de secret qui ne sera manifeste, ni rien de tenu de secret qui ne doive être connu et venir au grand jour

[43] Ps 127 (128) : Heureux tout homme qui craint YHWH, qui marche dans ses voies !
Question d’Augustin in Ps 127, 9 « Interrogeons notre conscience : désirons-nous ou redoutons-nous son retour ? »

Augustin dans SV 39 « Si tu n’aimes pas, crains de périr, si tu aimes, crains de déplaire »
Si 23, 4-6. Prière du sage : Seigneur, Père et Dieu de ma vie, ne m’abandonne pas à leur caprice, ne laisse pas mes yeux être effrontés et détourne de moi la convoitise. Les désirs charnels et la dépravation, qu’ils n’aient pas prise sur moi ; ne me laisse pas céder à la débauche. Sage p.177

[44] Ps 127, 1 : Si YHWH ne bâtit la maison, en vain qui bâtit peine ; si YHWH ne garde la ville, en vain qui garde veille.

[45] Sur la correction fraternelle, en écho à « Soyez les gardiens de la pureté » :
Gn 4, 9 : YHWH dit à Caïn : « Où est Abel, ton frère ? » Il dit : « Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère, moi ? »

Contre l’excès de curiosité :
Rm 14, 4 : Qu’es-tu pour juger un serviteur de Dieu ? Qu’il reste debout ou qu’il tombe, cela ne regarde que son Maître ?
Jc 4, 11 : Frères, ne vous calomniez pas les uns les autres. Qui calomnie un frère ou qui juge son frère, calomnie le Loi et juge la Loi. […] Un seul est législateur et juge, Celui qui peut sauver et perdre. Mais toi, qui es-tu pour juger ton prochain ?

[46] cf Mt 18,15 :Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. 

[47] Ps 140, 5 : Que le juste me frappe, que l’homme pieux me reprenne.
Augustin In Ps 140, 13 « Corripiet me justus. Si mon frère est juste, si mon frère est miséricordieux, il m’avertira en toute charité et miséricorde. »
 Pr 9,8 : « Ne réprimande pas le moqueur, de peur qu’il te haïsse ; réprimande le sage, et il t’aimera »

[48]  Mt 9,12 : Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades.

[49]  Mt 18,16 : S’il n’écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins ; 2 ou 3 témoins : cf Dt 19,15 ; Dt 17,16 ; 2 Co 13,1 ; 1 Tm 5,19.

[50]  Ga 6, 1 : Frères, même dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous, les spirituelles, rétablissez-le en esprit de douceur ; te surveillant toi-même, car tu pourrais bien toi aussi être tenté.

[51]  Mt 18,15 : Si ton frères vient à pécher, va le trouver et reprend-le, seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.

[52] Augustin dans Sermo 82, 7 ; « Pejor es tacendo ; tu es pire en te taisant ; tu pèche contre la charité, alors que ton frère ne pèche que contre la modestie religieuse »

[53] « A péchés plus secrets corrections plus secrètes ; sinon on ne corrige pas, on trahit : non es corrector, sed traditor. » Sermo 82, 10 ; Sage p. 185

[54] De la procédure secrète à celle publique 1 Tm 5,19 : N’accueille d’accusation contre un ancien que sur déposition de deux ou trois témoins

Dt 19,15 : Un seul témoin ne peut suffire pour convaincre un homme de quelque faute ou délit que ce soit ; quel que soit le délit, c’est au dire de deux ou trois témoins que la cause sera établie.

[55]  Mt 18,17 : S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s’il refuse d’écouter même la communauté, qu’il soit pour toi comme le païen et le publicain

 1 Co 5,2.13 : enlevez le pervers du milieu de vous.

[56] En latin : «  inviendis, prohibendis, indicandis, convincendis, vindicanquisque peccatis »

[57]  Lv 19,17 : Tu n’auras dans ton cœur pas de haine pour ton frère. Tu dois réprimander ton compatriote et ainsi tu n’auras pas la charge d’un péché.

[58]  Si 20,3 : Celui qui s’accuse d’une faute évite la peine.

[59]  Jc 5,16 : Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris.

[60]  « A l’écoute du serpent, les enfants des hommes ont déserté le bien commun, principe de toute béatitude. A la suite du Christ, les fils de Dieu ne s’attachent pas jalousement à leurs biens personnels, ils servent l’Unique Bien qui demeure » Saint Augustin

CHAPITRE IV LA DISCIPLINE DES BIENS D’USAGE

1. Leur entretien à l’intérieur du monastère

2. La règle d’or

3. Leur entretien à l’extérieur du monastère

4. Les divers offices

[61] Une source : 1 Co 8, 6 : Pour nous il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses.

[62]  Mt 6, 25 : La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ? […] Cherchez d’abord le Royaume et sa justice, et tout cela vous sera surajouté.

[63]  1 Tim, 6, 8 : Nous n’avons rien apporté dans le monde, pas plus nous n’en pouvons emporter. Si donc nous avons nourriture et vêtements, nous nous en contenterons.

[64]  Ph 2, 14 : Faites tout sans murmures ni raisonnement, pour vous montrer irréprochable et candides

[65]  Ph 2, 4 : Ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus. Ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres

[66]  1 Co 13,8 : La charité ne passe jamais.

[67] Is 1, 16 : Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue les souillures de votre cœur.
 Si 38, 1 : Honore à sa juste valeur le médecin pour ces services : le Seigneur l’a créé, lui aussi.

[68] Mt 25, 35 : Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; […] “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

[69] 2 Co 9, 7 : Dieu aime qui donne avec joie

[70] « Pardonnez ! Il n’est personne ici-bas qui n’ait quotidiennement besoin de pardon ! »Saint Augustin, Sage p. 213

CHAPITRE V DU PARDON DES OFFENSES

1. L’apaisement des différends

2. Les demandes de pardon

3. Un cas particulier

[71]  Cicéron, Tusculanes 4,9,21 : odium est ira inveterata.

Ep 4, 26 : Emportez-vous mais ne commettez as de péché. Que le soleil ne se couche pas sur votre colère. Il ne faut pas donner prise au diable.

[72]  Mt 7,3 : Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’oeil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton oeil à toi, tu ne la remarques pas !

[73] 1 Jn 2, 9 : Celui qui prétend être dans la lumière tout en haïssant son frère est encore dans les ténèbres.

[74] Jc 3, 2, 7, 8 : Si quelqu’un ne commet pas d’écart de parole, c’est un homme parfait…Tous les animaux sont domptés par l’homme… La langue au contraire, fléau sans repos, personne ne la dompte. Cf Pr 10, 19 et Si 23, 7

[75]  Mt 5,23-24 : Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande.

[76] Mt 5, 25 : Hâtez-vous donc, de vous réconcilier avec votre frère, alors que vous cheminez encore ensemble, de peur d’être livré au juge et jetés en prison.

[77]  Col 3,13 : Supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l’un a contre l’autre quelque sujet de plainte.

[78]  Mt 6,12 : Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs.

[79] Pr 15, 1 : Une aimable réponse apaise la fureur.

[80] Si 16, 10 : Le Seigneur châtie et prends pitié, il frappe et guérit : le Seigneur veille avec compassion et rigueur.

[81] « Par amour de votre amour, je veux observer votre loi. » Saint Augustin, Sage, p. 229

CHAPITRE VI DE L’OBSERVANCE DE LA RÈGLE

1. Obéissance des moines

2. Vigilance des Supérieurs

3. La grâce de Dieu

4. Méditation fréquente de la Règle

[82]  He 13,17 : Obéissez à vos chefs et soyez-leur dociles, car ils veillent sur vos âmes, comme devant en rendre compte.

 Pr 3, 12 : Le Seigneur lui-même reprend celui qu’il chérit, comm eun père son fils bien aimé.  

Ap 3, 19. : Moi tous ceux que j’aime, je les reprends et les corrige ; aie donc du zéle et repens-toi. Voici que je me tient à la porte et je frappe.

[83] 2 Tim 4, 2 : Réfutez (les folles excuses), menacez (les opiniâtres), exhortez (les récalcitrants) avec une patience inlassable. (+ commentaire d’Augustin Sermo 339, 4)

[84] Luc 22, 25-27 : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ?

[85]  Mt 20,25-28 : Celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur.

[86]  Jn 13,14-15, le lavement des pieds.

[87] 1 P, 5, 3 : le modèle du troupeau

[88]  Tt 2,7 : Offrant en ta personne un exemple de bonne conduite : pureté de doctrine, dignité

[89]  1 Th 5,14 : Nous vous y engageons, frères, reprenez les désordonnés, encouragez les craintifs, soutenez les faibles, ayez de la patience envers tous.

[90] Ez 34, 15-16 : C’est moi qui ferai paître mes brebis et c’est moi qui les ferai reposer. Je chercherai celle qui est perdue ; je ramènerais celle qui est égarée ; je panserai celle qui est blessée ; je guérirai celle qui est malade.

[91]  Tb 12,10 : Ceux qui font le péché et le mal se font du tort à eux-mêmes.

[92] He 13, 17 : Obéissez à vos chefs et soyez-leur soumis ; car ils sont vigilants pour vos âmes, comme devant en rendre compte : qu’ils puissent le faire avec joie et non en gémissant, ce qui vous serait sans profit.

[93]  Sg 8,2 : C’est elle [la Sagesse] que j’ai aimée et recherchée depuis ma jeunesse, j’ai cherché à la prendre pour épouse, je suis devenu l’amant de sa beauté.  et Ecc 44, 6 Vulg : Studium pulchritudinis habentes / « Ayant le désir de la beauté » ou « Possédant l’étude de la beauté »

[94]  2 Co 2,15 : Car nous sommes bien, pour Dieu, la bonne odeur du Christ parmi ceux qui se sauvent et parmi ceux qui se perdent.

Ga 5, 22 : Joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance, douceur, maîtrise de soi.

Ct 4, 16 : Lève-toi, aquilon, accours autan ! Soufflez sur mon jardin ; que ruissellent ses baumes.

[95]  Rm 6,14 : Car le péché ne dominera pas sur vous : vous n’êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce.

[96]  Jc 1,23-25 : Qui écoute la Parole sans la mettre en pratique ressemble à un homme qui observe sa physionomie dans un miroir.[24] Il s’observe, part, et oublie comment il était.

[97] « La reconnaissance attire de nouveaux dons ; l’ingratitude ferme les écluses de la grâce… on ne possède en vérité que ce que l’on confesse être un don de Dieu. » Sage p. 244 à partir d’Augustin Sermo 283, 2
Mt 25, 29 : A tout homme qui possède, on donnera et il aura en surplus ; à celui qui n’a pas, et qui croit posséder, on enlèvera même ce qu’il a.

Mt 25, 12 : Je ne vous connais pas (Par les failles de leur ingratitude, l’huile de leurs lampes à couler, cf Augustin Epistolarum classes IV, 140, 79)

[98]  Mt 6,13 : Et ne nous soumets pas à la tentation.

« La Régle débite par l’amour, elle se termine par la prière » Sage p. 246
« Dans cette lutte, Dieu a préféré que nous luttions par la prière plutôt que par la force. » (In hoc agone, magis nos deus voluit orationibus certare quam viribus) Augustin dans Opus imperfectum contra Julianum libri VI 6, 15

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.